Termes et définitions

Techniques de façonnage

La fabrication d’une poterie commence par le mélange des terres (argile, marne, silice). Les matériaux sont malaxés, soit manuellement (foulage), soit mécaniquement. La pâte obtenue est conservée au repos (pourrissage) durant une période qui varie de quelques semaines à quelques mois.

Il existe 6 techniques différentes pour donner au matériau la forme définitive désirée

Modelage: Technique la plus primitive, le modelage est la mise en forme d’une boule de terre par la pression des doigts.

Estampage et calibrage: De petites portions de terre sont appliquées sur ou à l’intérieur d’un objet existant (calebasse, ancien pot cassé…) et la terre est ensuite lissée. La version industrielle de ce procédé se nomme calibrage. La pâte malléable est placée dans un moule en rotation puis pressée contre les parois grace à l’action d’un calibre introduit mécaniquement.

Montage au colombin: Le colombin est un cylindre de terre long et étroit roulé sur une table sous la paume des mains. Les colombins sont assemblés pour élaborer une pièce. Cette technique, relativement rapide, permet d’obtenir de très grandes pièces, de formes totalement libres. Cette technique est couramment utilisée par les peuplades primitives et les artistes céramistes.
Les pièces réalisées par cette technique sont cependant lourdes. Elles peuvent être affinées en utilisant une planchette et un galet pour comprimer la terre et modeler la forme de la pièce. Le galet est positionné à l’intérieur de la pièce, au contact de la terre, et la planchette permet de marteler la paroi.

Montage à la plaque: Des plaques de terre sont réalisées à l’aide d’un rouleau puis assemblées à la barbotine. Cette technique est rapide, mais ne permet de faire que des pièces géométriques. On peut cependant obtenir des formes cylindriques en roulant la plaque et en assemblant les deux extrémités opposées.

Tournage: La technique la plus perfectionnée est celle du tournage. Elle nécessite cependant un apprentissage prolongé. Cette technique a fait son apparition aux alentours de 4000 ans av-JC, révolutionnant la poterie en permettant d’obtenir rapidement des formes beaucoup plus régulières et des pièces beaucoup plus légères. Le tour se compose d’un plateau rotatif appelé girelle. Après avoir disposé une motte d’argile au centre du plateau, le potier centre sa terre puis la façonne pendant sa rotation. Lorsque la pièce tournée a pris la consistance « cuir », le tourneur rectifie les imperfections et creuse le pied de la poterie; il s’agit du tournassage. Cette opération est suivie, le cas échéant par le « ansage » (pose des anses) et la gravure de la pièce selon le modèle choisi. Le tournage ne permet d’obtenir que des pièces de révolution, qui peuvent cependant être déformées avant séchage complet.

Moulage ou coulage: Vase-étrier obtenu par moulage représentant un chaman aveugle méditant. Il porte dans le dos son sac à herbes. Période Mochica III-IV. Pérou, vers 400 apr. J.-C. Dans le procédé de moulage, la terre n’est plus sous forme pâteuse, mais sous forme liquide par adjonction d’eau et de défloculant. Ce mélange de poudre fine d’argile et d’eau se nomme barbotine. Un moule en plâtre ou en terre cuite est utilisé pour définir l’extérieur de la forme, le plâtre a pour caractéristique d’absorber l’eau. La barbotine est introduite dans le moule. Après quelques minutes de prise, l’excédent de barbotine est vidé. L’eau de la barbotine se transfère dans le plâtre, et la densité de la barbotine augmente à proximité des parois. La pièce est démoulée après séchage, opération facilitée par le retrait produit par l’évaporation de l’eau. Les pièces complexes comportent des moules séparables en plusieurs parties. On peut également utiliser des plaques pour remplir les moules, il suffit alors de coller plusieurs plaques à l’intérieur du moule puis de démouler après avoir attendu que les plaques se solidifient légèrement. Cette technique, plus rapide, évite l’attente de la solidification de la barbotine.

Techniques de cuisson: Pour la cuisson, les différentes pièces obtenues sont disposées dans un four à une température de 850 à 1000 °C pendant environ 8 heures. Dans le cas de poteries destinées à recevoir un décor comme la faïence, on obtient alors le « biscuit ».

Les températures de cuisson vont de 850 °C à 1150 °C selon la nature de la terre utilisée. La température dépend de la proportion d’oxydes métalliques, de sels alcalins ou acides, contenus dans la terre. Une terre fortement chargée cuit à température plus basse.

Les pièces peuvent être décorées au pinceau à l’aide d’oxydes métalliques, broyés et dilués, de différentes couleurs. Le biscuit ainsi décoré est trempé dans des bains d’émail. Une fois décorée et émaillée, la pièce subit une nouvelle cuisson à 960 °C durant 5 heures pour la faïence.
Décor d’engobes colorés sur une poterie en forme de panthère d’eau.
Céramique Underwater Panther, culture Mississipienne, Arkansas, USA 1400-1600

La poterie reste poreuse après cuisson, c’est-à-dire qu’elle peut absorber de l’eau et est sensible au gel; ce qui la distingue du grès qui, comme la porcelaine, est totalement vitrifié. Cette porosité offre deux avantages : la conservation des liquides frais par évaporation superficielle et la résistance au feu direct permettant de l’utiliser comme ustensile de cuisson. Ces deux caractéristiques expliquent son intérêt pour les sociétés primitives.